Business Process Modeling Notation (BPMN) - Système de notation graphique pour la description des processus métiers
1 - Origine de la norme BPMN
Cette norme a été élaborée à l'origine par la Business Process Management Initiative qui a fusionné en 2005 avec l'Object Management Group (OMG) en charge désormais de la maintenance de la norme et de son évolution.
La version 2.0 de la norme BPMN a été officialisée en 2010. Cette version 2 permet de mieux prendre en compte la complexité des interactions entre processus au travers du concept de "chorégraphie".
2 - Objectifs du BPMN
La norme BPMN a été élaborée afin de standardiser les systèmes de notation permettant de décrire d'une manière graphique les processus de l'entreprise, et ce indépendamment de l'outil utilisé.
Au travers de cette norme, les standardisation a deux vocations principales :
- permettre de tirer un bénéfice de l'émergence d'un langage commun univoque : facilite la compréhension des processus (celui qui formalise le processus partage le même langage que celui qui les consulte), facilite les comparaisons et les travaux sur les processus dans le cadre de projets (fusions, transformations,…), accroît la qualité des descriptions de processus par le respect d'un cadre qui fruit d'une longue expérience collective
- simplifier les travaux de mise en place d'outils informatiques permettant d'exécuter les processus métiers (systèmes transactionnels, outils de workflow) : un formalise normé de description des processus permet de faciliter la transcription de ce processus vers les outils permettant de configurer leur exécution (utilisation pour ce faire de la norme BPEL - Business Process Execution Language)
Accessoirement, la mise en oeuvre d'une norme doit permettre de réduire les coûts des projets en évitant de passer du temps à définir une norme commune aux différents acteurs de l'entreprise.
3 - A qui s'adresse le BPMN ?
La norme BPMN a été conçue pour être utilisée aussi bien par les acteurs métiers de l'entreprise que par les acteurs du système d'information :
- consultants- responsables / pilotes de processus
- maîtrise d'ouvrage, assistance aux maîtrise d'ouvrage
- bureaux d'études informatiques
- responsables du référentiel d'architecture d'entreprise
4 - Le périmètre couvert par la norme BPMN
La norme permet de définir la manière dont les processus se déroulent (concept d'orchestration de la norme), mais également la manière dont les processus interagissant entre eux (concepts de chorégraphie).
La norme manipule un certain nombre d'objets précisés ci-dessous.

4-1 Les activités
Les activités permettent de décrire ce qui est fait au sein d'un processus.
Les activités sont représentées par des rectangles à trait plein et sont de deux types :
- les Sous-processus : activités pouvant être détaillées au moyen de modéles, ce qui permet de constituer une hiérarchie de processus (du macro processus au processus détaillé). Un sous-processus est signalé par une icône "+" en bas de l'objet.
- les tâches sont les éléments les plus fins manipulés par la norme BPMN, ils ne peuvent pas faire l'objet d'une décomposition à un niveau plus fin.
4-2 Les événements
Les événements servent à qualifier un état dans le processus. Les événements représentent quelque chose qui arrive, en opposition à l'activité qui représente ce qui est fait.
Les événements sont regroupés en 3 catégories :
- les événements de début : décrivent la circonstance de déclenchement du processus (message, timer, règle,…)
- les événements intermédiaires : décrivent un état intermédiaire (message, timer, erreur,…)
- les événements de fin : identifie la fin d'un processus. La forme de l'événement de fin permet de distinguer le résultat du processus (message, erreur, lien, arrêt,…)

4-3 Les connecteurs ou branchements
Les connecteurs permettent de déterminer la manière dont les activités vont s'enchaîner. Ils sont au nombre de 4 :
- les connecteurs exclusifs : seul un chemin est possible sur tous ceux représentés
- les connecteurs inclusifs : plusieurs chemins possibles. Ce connecter est généralement suivi par un connecteur de même type
- les connecteurs complexes : utilisés quand les comportements sont complexes
- les connecteurs parallèles : plusieurs chemin empruntés en même temps

4-4 Les connexions
Les connexions sont au nombre de trois :
- Les séquences (ligne pleine) : détermine la manière dont les activités s'enchaînent.
- Les messages (ligne tirets) : permettent de représenter les flux d'informations entre 2 participants d'un processus. Ils ne peuvent donc pas être utilisés à l'intérieur d'un processus pour lier des tâches entre-elles. Les messages permettent de formaliser les flux d'information entre les différentes lignes des Streamlines.
- Les associations (ligne pointillée) : permet de rattacher un artefact (donnée, annotation) à une activité.
4-5 Swimlanes
Les objets d'un modèle sont positionnés sur des lignes chaque ligne étant associé à un objet logique (un département, un composant informatique,…)Les lignes sont regroupés en Pool.
Les flux entre lignes sont nécessairement représentés par des connexions de type "Messages"
4-5 Les attributs
La norme BPMN permet également de manipuler de nombreuses informations au travers des attributs attachés à chaque objet.
Ce que ne couvre pas la normeLa norme BPMN se limite à la description des processus. Par conséquent, même si elle peut manipuler des objets organisationnels au travers des Swimlanes, elle ne permet pas de représenter les organisations.
Elle ne permet par exemple pas non plus de modéliser les risques, les données,…
5 - Limites et perspectives de la norme BPMN
Si la norme BPMN se déploie, force est de constater que ce déploiement ne se fait pas sous le mode d'une normalisation, à savoir que la notation sous la forme BPMN coexiste souvent avec d'autres modes de représentation au sein d'une même entreprise ou organisation.
Plusieurs raisons pour cela :
- Le niveau de précision exigé pour passer facilement d'une description d'un processus à son exécution est élevé. Il est difficile dans ce cas de concilier les objectifs vus du métier (rendre intelligible la description des processus) avec ceux des acteurs du SI (en recherche de précision et d'exhaustivité).
- Les spécifications de passage d'un formalisation sous forme de BPMN à la norme BPEL (permettant d'exécuter les processus) sont incomplètes. Des réponses ont été apportées pour gérer la transcription par des acteurs du marché en dehors de l'OMG, ce faisant, la notion de norme perd de sa puissance. De plus, la transcription entre BPMN et BPEL a du mal à être bidirectionnelle tout en conservant la lisibilité des modes de représentation BPMN.
- Le périmètre couvert par la norme a ses limites (conformité réglementaire pas exemple), ce qui réduit sa capacité à s'imposer comme une norme unique au sein des organisations
De nombreux éditeurs de logiciels supportent aujourd'hui la norme BPMN. Ils proposent de tirer profit de certaines fonctionnalités de leurs outils pour contourner les limites de la norme (enrichissement par des nouveaux objets, mutliples formats de représentation). Ce faisant, les puristes de la norme déplorent que cette dernière n'en devient plus une.
En conclusion, la notation BPMN est de plus en plus utilisée dans les entreprises et organisations. Son usage est cependant souvent limité à un domaine d'application précis et ne constitue pas une norme de documentation.



















