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Posté par: François Tabourot
le 23 Sep 2011 (Cliquez sur l'auteur pour accéder à l'ensemblre de son Blog)
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Ceux qui me connaissent savent mon goût prononcé pour la cuisine, et surtout mon admiration pour ceux qui l’inventent et la font. C’est donc avec un vrai plaisir que j’ai dévoré l’émission de reprise de la série MasterChef. A ma grande surprise, plutôt que de vanter les promesses de la saison à venir, le propos principal a consisté à montrer l’actualité des concurrents mis en lumière lors de la saison précédente. Renseignement pris dans mon entourage, cette ligne éditoriale répond à une exigence du spectateur de connaître l’évolution des sujets sur lesquels on a mobilisé son attention à un instant donné. Elle s’inscrit dans une évolution Sociétale vers plus de durable, où la valeur de la promesse se définit à l’horizon de son résultat.
Parce que les acteurs de la vie courante sont aussi les professionnels des organisations auxquelles je m’adresse, je me suis immédiatement interrogé sur la réalité de cette exigence dans le monde de l’entreprise. Quel patron, dans quel contexte, se sent réellement comptable de décisions prises, souvent sur la promesse de quelques fournisseurs éclairés ? En particulier dans les domaines de l’excellence des opérations, qui a fait le bilan de l’impact réel des plus fameuses annonces ? Depuis 25 ans la technologie fait la même promesse : fournir une solution d’outillage des opérations de plus en plus rapide à mettre en œuvre, de plus en plus simple, de moins en moins coûteuse. C’était certainement celle des L4G, des ERP, du RAD puis des EAI, ou du business process outsourcing. Finalement seuls quelques professionnels en charge de leur déploiement portent (souvent) douloureusement le poids du bilan. Si la technologie progresse incontestablement, les opérations qui délivrent des produits et des services de plus en plus sophistiqués se complexifient au moins dans les mêmes proportions. Alors pourquoi faut-il que dans ce domaine l’entreprise n’ait pas le courage du bilan et des leçons à tirer du passé ? Pourquoi faut-il qu’aux exigences de la gouvernance financière l’on sacrifie la vérité sur la complexité des opérations et la difficulté de leur optimisation et de leur informatisation?
Assumer la puissance d’un business model et appréhender la complexité de sa matérialisation est la source de richesse de l’économie réelle. Il y a dans ce domaine un enjeu majeur, celui de la reprofessionnalisation des métiers des opérations et de leur support. Tant que les talents de cette planète trouveront plus d’intérêt au jeu du virtuel, on laissera croire de fait que l’excellence des opérations est d’intérêt secondaire.
Les meilleurs devront pourtant être autour de la table aux côtés des opérations, quand la discussion sur le retour à une économie plus durable s’imposera dans les années qui viennent. Puisse cet aparté vous en donner l’appétit.
Posté par: François Tabourot
le 11 Mai 2011 (Cliquez sur l'auteur pour accéder à l'ensemblre de son Blog)
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Voilà un titre bien contradictoire, tel que me le faisait remarquer un professionnel de l’industrie de la défense, en même temps qu’il m’expliquait ce nouveau concept. “Jouer sérieusement”, c’est utiliser les techniques du jeu vidéo pour simuler, dans un mode réaliste, des systèmes ou des situations actuelles ou futures du monde réel.
Depuis nos domaines d’activités respectifs, nos points de vue convergeaient rapidement sur le fait que le monde de demain serait d’abord virtuel. La complexité et le coût croissant des systèmes que l’homme met en œuvre, associés à l’augmentation de son aversion aux risques, imposent une capacité de simulation préalable à toute implémentation. Il n’est de capacité de simulation qui ne soit fondée sur une capacité de modélisation du système à simuler. De la qualité du modèle dépendra évidemment la qualité de la simulation et donc finalement la qualité de la couverture du risque.
Souvent associées à une spécificité de la culture française, les sciences et les techniques de la modélisation se développent partout dans le monde, comme le support majeur des projets de conception et de transformation de systèmes. Ainsi peut-on voir émerger aux quatre coins du nouveau monde communautaire, des cadres d’architecture dédiés à des projets dont la nature varie de la conception de systèmes industriels, à la transformation ou à la gouvernance d’entreprise.
Compte tenu des enjeux associés à de tels projets, il serait erroné de considérer la mise en œuvre de cadres d’architecture fondés sur de bonnes pratiques de modélisation comme un luxe divertissant. Bien au contraire, c’est aujourd’hui une science de l’ingénieur dont l’usage justifie la plus grande rigueur et le plus grand sérieux. Ne nous privons pas néanmoins du plaisir de sa mise en œuvre, puisse cet Aparté vous en donner envie !
Posté par: François Tabourot
le 31 Jan 2011 (Cliquez sur l'auteur pour accéder à l'ensemblre de son Blog)
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J’étais encore en train de me demander comment j’allais développer avec vous les idées évoquées dans ma vidéo de rentrée, quand j’entends le discours de Barack Obama. Porté par son talent d’orateur, je ressens sa forte volonté de mobiliser son pays tout entier autour d’un nouveau leadership de son économie réelle. Innovation, créativité, performance, sont quelques mots que j’extrais à la volée et qui nourrissent ma conviction que le talent collaboratif des hommes et femmes des entreprises sera demain la principale source de création de richesse de nos économies matures.
Après la ‘minute de magie’, je m’interroge immédiatement sur les moyens dont disposent réellement les dirigeants et managers des organisations, grandes ou petites, pour évaluer et piloter ce qui se formule comme un enjeu sociétal majeur dans la bouche de l’un des grands dirigeants de ce monde. Lorsque l’on connait ne serait-ce que l’impact du simple facteur de motivation, comment s’assurer de la contribution optimale des collaborateurs à la performance de l’entreprise? Cette réflexion n’est pas nouvelle. Elle a été portée au cours de ces dernières années par de nombreuses fonctions supports. Les Directions de la qualité, de l’organisation, du contrôle interne, des risques, du contrôle de gestion… ont mis au point successivement des pratiques de l’excellence opérationnelle. Ainsi, approche processus, Balanced Scorecard, qualité totale, autoévaluation, gestion des incidents ont été développées par des intelligences qui ont toujours considérées les collaborateurs comme les agents de la surveillance et de l’amélioration permanente des opérations.
Si comme Barack Obama, nous voulons que nos entreprises redeviennent sociétales dans une économie réelle, Il faut impérativement compléter la gouvernance financière par une gouvernance durable, qui met en œuvre la synthèse des pratiques évoquées ci-avant. La technologie est disponible, les outils existent, ayons au-delà de cet Aparté la volonté de proposer aux dirigeants d’autres tableaux de bord que seulement ceux de la Direction Financière, le nouveau monde en a besoin.
Posté par: François Tabourot
le 02 Déc 2010 (Cliquez sur l'auteur pour accéder à l'ensemblre de son Blog)
La semaine dernière se tenait la conférence du club des pilotes de processus. Une journée entière d’immersion dans cet univers d’experts, agrémenté d’un plateau de guest speakers de grande qualité. Le thème de la journée : Processus et travail collaboratif. Rapprocher ces deux thèmes n’est finalement pas si fréquent et je partage bien volontiers avec vous les réflexions que m’ont inspirées les exposés auxquels j’ai assisté.
J’ai fréquemment l’occasion d’échanger avec Serge Perez sur l’évolution des modes d’organisation des entreprises, induite par l’apport des technologies de l’information et de la communication. Il est en particulier usuel, de considérer que le web 2.0 est le support principal des approches collaboratives. Tout un chacun peut ainsi, quelles que soient ses responsabilités, son niveau d’expertise, participer à l’alimentation d’une réflexion commune qui convergera vers l’élaboration d’un point de vue unique. Récemment la très respectueuse Encyclopédie britannique, vient d’ailleurs de reconnaitre la qualité du contenu de Wikipédia, l’encyclopédie communautaire du Web.
De ce point de vue, le collaboratif pourrait s’opposer au processus, si l’on assume que la notion de processement porte en elle-même une idée de séquence. Dans l’industrie automobile par exemple, la mise en place de plateaux communs : ‘études’, ‘méthodes’ et ‘fabrication’ dans les années 80, avait bien pour objectif en réduisant l’effet séquence et les itérations, de réduire le cycle global d’industrialisation. J’ajouterais pour relancer le débat, faut-il présenter le collaboratif comme l’aboutissement du process ?
Je constate comme vous chaque jour que le monde a changé, et que le collaboratif, est plus que jamais une règle de management. C’est même un changement de paradigme vis-à-vis d’une stricte organisation en processus. Néanmoins la juridisation de nos Sociétés, et leur aversion croissante au risque, impose corollairement une définition très claire des responsabilités. Si un véhicule présente un problème, il faudra bien savoir si c’est un problème de conception, de fabrication ou d’assemblage !
En Aparté de la conférence de la semaine passée, je crois donc que collaboratif et processus sont deux réponses distinctes à des problèmes différents et complémentaires qui font la richesse et l’intérêt des pratiques de l’organisation.
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