Pédagogie et transposition des univers métier
Posté par: Jean-Philippe ARESU
le 24 Jan 2011
Qui a t-il de commun entre les livrables suivants ? :
Une récolte de blé,
Une production automobile
Une prestation de service
et un contenu média ?
Beaucoup vous le diront : "NOUS, nous avons notre spécificité, NOUS, on ne fait pas la même chose, voire... NOUS, c'est quand même plus compliqué, il y a plus de contraintes" ..etc etc ! Bref, vous en conviendrez, nous avons tous eu affaire, un jour ou l'autre, à des profils différents qui, en fonction de leur parcours, avaient la nette impréssion que leurs problématiques étaient uniques.
Bien entendu, il ne s'agit pas de nier l'évidence. Récoler du blé nécéssite des ressources et des compétences qui appartiennent à un secteur bien défini au sein duquel le spécialiste d'une chaîne de production serait pour le moins désorienté. Toutefois au cours d'une vingtaine d'années de parcours professionnel au sein des médias, j'ai pu constater que la démarche processus permettait de mettre en perspective "notre mental "en reconsidérant notre point de vue sur les "choses". Tout d'abord, précisons que pour transposer l'approche dans ces différents environnements, il est nécessaire de stabiliser notre point de vue sur les niveaux statiques de la représentation. Une transposition sur les couches dynamiques de la démarche processus, nous entrainerait à des niveaux 4, 5 ou plus qui ne seraient plus en phase avec la réelle spécificité des environnements..et de facto, cela n'aurait aucun sens. En revanche, la vision macroscopique nous force à chercher des tranpositions possibles entre ces différents univers. Un effort qui peut s'avérer très intéressant lors des phases de benchmarck dans les secteurs non concurrentiels.
Prenons un exemple simplifié et volontairement "provocateur".
Produire des yahourts c'est :
1. Acquérir la matière première (le laît)
2. Transformer la matière première (chaîne de production - l'usine)
3. Mettre à disposition le produit fini (le circuit de distibution jusqu'à la centrale d'achat)
Produire du contenu média c'est :
1. Acquérir la matière première (enregistrer le son brut ou une séquence vidéo, rechercher l'information textuelle...)
2. Transformer la matière première (monter un son, une vidéo ou rédiger un contenu texte...)
3. Mettre à disposition le produit fini (planifier, diffuser, publier...)
Cet exemple reflète une expérience vécue au cours de laquelle, il a fallu démystifier le "sacro-saint" environnement média qui selon les détracteurs de l'approche processus affirmaient qu'il n' y avait aucune raison de mettre en place une telle démarche à la radio". Celle-ci étant réservée aux autres ... à ceux qui fabriquent des pôts de yahourt !
Pour résumer, la recherche d'une transposition sur les processus de haut niveau, nous a permis de "briser la glace" de la branche métier impliquée dans cette approche et d'un point de vue pédagogique initier une démarche constructive en ce sens.
Toutefois, c'est à la faveur des entités support qu'aujourd'hui, nous pouvons poursuivre une telle démarche. Or, il s'agit bien de "rallier" les entités métier à cette approche afin qu'elles puissent participer à l'évolution des médias en initiant, par itérations régulières, un alignement du système d'information à leurs bésoins métier ... Le chemin est encore long et les enjeux capitaux !
La "pédagogie" peut sembler superflue pour qui évolue quotidiennement dans un univers où la démarche processus est déjà une réalité. Mais pour les "autres", ceux qui s'éfforcent chaque jour de mettre en place une telle démarche, elle relève du véritable parcours du combatant. Une démarche processus visant à piloter l'entreprise selon une démarche qualité oirentée "client" demande, dans les environnements médias, une vraie persévérence. C'est aussi avec un "baton de pèlerin "qu'il faut mettre en valeur la notion de client et transposer celle-ci à l'auditeur ou à l'internaute. Un excercice relativement "facile" au sein des groupes privés (Lagardère NRJ ouRTL), mais beaucoup plus complexe ailleurs ...!
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Les démarches processus se ressemblent
Je partage à 100% ce point de vue. Les démarches processus menées dans des univers différents partagent beaucoup de points communs quand on analyse cette démarche en terme de systèmes de management.
Et l'on sait que le succès d'une démarche BPM tient plus à ses modalités de mise en oeuvre qu'à la capacité à décrire dans le détail le fonctionnement de l'organisation. Nous sommes d'abord et avant tout dans une approche managériale.
Mon expérience sur le sujet me donne cependant le sentiment que chaque acteur pense que l'environnement de son voisin est plus favorable à la démarche BPM que le sien. Hors, par syllogisme, tous ces acteurs ne peuvent avoir raison, et donc ce sentiment ne doit que rarement être justifié. Les entreprises et organisation ont toutes à tirer profit du partage d'expérience. A l'instar des processus qui sont souvent similaires d'une organisation à l'autre, les contextes le sont aussi.
Rares sont finalement les entreprises où la démarche BPM est ancrée dans les gènes du top management.
Mais cela va venir...








